A la prison de Fresnes, le pouvoir de l’arge

Les conversations d’un directeur du centre pénitentiaire du Val-de-Marne mis en examen lèvent le voile sur une série de passe-droits accordés à des détenus.

Au téléphone depuis sa cellule de la division 3 à Fresnes (Val-de-Marne), Arnaud Mimran discute avec un ami détenu à Fleury-Mérogis (Essonne) : « Je te dis franchement, ici en vérité c’est la meilleure taule, on peut dire ce qu’on veut, hein. » La conversation est interceptée par la police en novembre 2017.

L’un des acteurs de la gigantesque fraude à la TVA sur le marché du carbone, pour laquelle il a été condamné en 2016 à huit ans de prison, raconte son quotidien sous les verrous de l’une des plus vieilles prisons de France, vétuste, insalubre et surpeuplée. Il fanfaronne, se gausse de ce que l’argent permet, ment aussi, sûrement, et décrit une détention faite de privilèges octroyés par certains membres du personnel pénitentiaire, au premier rang desquels Khalid El Khal, le directeur de la division 3 (D3), et Frédéric N., le chef de détention.

A l’en croire, il obtiendrait la visite de prostituées dans le cadre de ses parloirs, passerait à travers les fouilles de cellule sans risquer de sanctions si des objets interdits, comme le téléphone, venaient à y être découverts, et profiterait de sa proximité avec Khalid El Khal – qui lui apporterait régulièrement des croissants et des pains au chocolat – pour faire pression sur les surveillants qui seraient tentés de le contrarier.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *