CONDAMNATION DE KHALIFA SALL, MAIRE DE DAKAR # Un sale coup pour la décentralisation

30 mars 2018. Une date à retenir. Pour la première de l’histoire politique du Sénégal, un Maire, de surcroit celui de la capitale est condamné à une peine ferme de prison dans le cadre de la gestion de sa collectivité. Khalifa Sall a été condamné à cinq ans fermes de prison de même que son collaborateur, Mbaye Touré, Directeur administratif et financier de la Ville de Dakar. Ce verdict ne peut pas laisser indifférent les militants de la décentralisation et du développement territorial. Par cette décision, la décentralisation, dans son esprit, ses principes et ses fondements, a subi un sacré coup pour ne pas dire un sale coup. Ladite décision, même si, elle n’a pas encore atteint l’autorité de la chose jugée remet en cause des acquis considérables de la politique de décentralisation amorcée depuis notre indépendance. L’Acte 3 de la décentralisation, avait suscité beaucoup d’espoir dans sa formulation et son esprit. Son objectif était de transformer le Sénégal en territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable. Comment peut-on atteindre un tel objectif si, les hommes et les femmes qui doivent manager ces collectivités territoriales sont combattus, poursuivis voire emprisonner. C’est de l’utopie. Quoi qu’on puisse reprocher à Khalifa Sall, il a accédé au poste de Maire par la volonté de sénégalais, régulièrement inscrit sur les listes électorales, suite à des élections locales organisées de manière libre et transparente. Quoi qu’on dise, Khalifa Sall a été élu et réélu par les Dakarois en toute liberté, sans contrainte aucune. Donc cette décision douloureuse pour lui, ses proches et les militants de la décentralisation, sonne comme une confiscation de leur suffrage. Le débat n’est pas de savoir si l’argent de la caisse d’avance est un fonds politique mais comment cette caisse a été utilisée jusqu’ici. Ses prédécesseurs à la tête de la Ville de Dakar, feu Mamadou Diop (Paix à son âme) et Pape Diop l’ont blanchi soutenant que cette caisse a toujours été gérée comme des fonds politiques. Ce qui est constant dans cette affaire, c’est la volonté manifeste de liquider un adversaire politique à qui on a prêté une ambition présidentielle. Et c’est ce qui est regrettable dans cette histoire. Le Président Macky Sall n’avait pas le droit de faire moins que son prédécesseur sur cette question. Le Président Wade malgré tous les reproches à son encontre, avait sainement cohabité avec son opposant Khalifa Sall, qui avait battu son fils Karim Wade aux locales de 2009. Avec cette triste décision qui n’ honore en rien notre pays, ces acquis démocratiques et politiques ont été remis en cause.
Khalifa Sall, un député –Maire en prison. Ce n’est ce qu’on attendait du Président Macky Sall et de son régime. Heureusement que dans une démocratie, la seule constante, c’est le peuple. Lui seul est souverain et la justice est rendue à son nom.
Cheikh NDONG, Chargé de la communication du cercle des communicants en décentralisation ( 2CD)

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