Etats-Unis: Donald Trump veut réformer le droit d’asile

A cinq jours des élections de mi-mandat, Donald Trump continue d’agiter une rhétorique enflammée sur l’immigration.

Avec notre correspondante à Washington,  Anne Corpet

En deux ans, le Congrès à majorité républicaine n’a pas réussi à adopter le moindre texte sur l’immigration. Mais à l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump durcit nettement le ton et multiplie les effets d’annonce. Pour contrer ce qu’il appelle « une invasion », le président américain a décidé de s’attaquer au droit d’asile.

« Les étrangers illégaux n’auront désormais plus accès à notre pays en faisant valoir une demande d’asile dénuée de fondement, a déclaré Donald Trump. A la place, les migrants qui souhaitent obtenir l’asile devront se présenter légalement à un port d’entrée. Ceux qui choisissent de briser nos lois et entrent illégalement ne pourront plus faire valoir des demandes d’asile injustifiées pour obtenir un droit de séjour automatique dans notre pays. Nous les détiendrons. Pour un long moment si nécessaire. Et nous en finirons avec la politique de « l’attraper et du relâcher ». Nous ne les relâcherons pas. Nous n’avons pas le choix. Nous défendrons nos frontières nous défendrons notre pays. »

« Horde dangereuse »

Le président est resté évasif sur la manière dont il entendait modifier la loi. Mais l’essentiel pour lui est d’afficher un ton martial. Donald Trump a une fois de plus qualifié la caravane de migrants en route vers la frontière sud du pays de « horde dangereuse ».

Et il a prévenu : ceux d’entre eux qui se risqueront à jeter une pierre sur les soldats américains qu’il a déployés seront traités de la même manière qu’un homme utilisant une arme à feu. Selon un mémo du Pentagone,les militaires déployés à la frontière n’ont le droit d’utiliser la force que s’ils sont confrontés à des menaces de mort ou de blessure sérieuse.

Stratégie de la peur

Les déclarations de Donald Trump s’inscrivent dans une stratégie politique. Car ses prises de position très agressives sur l’immigration ont pour but demobiliser un électorat blancconfronté à des angoisses identitaires. Mais il risque aussi d’avoir un impact sur l’électorat latino-américain.

Pour Frederick Harris, professeur de sciences politiques à l’université de Columbia, « il y a ce sentiment de peur qui décourage les Latinos, en particulier les Américains d’origine mexicaine d’aller voter. Parce qu’ils sont inquiets pour les membres de leurs familles qui peuvent ne pas avoir de papier. Et donc, la rhétorique de la peur décourage les électeurs parce qu’ils ont peur que l’Etat vienne les chercher pour les punir d’avoir participé au scrutin. »

Il y a plus de 29 millions d’électeurs latino-américains aux États-Unis. Leur nombre ne cesse d’augmenter. Mais leur taux de participation aux scrutins décline depuis 2006. En 2014, lors des dernières élections de mi-mandat, seuls 27% d’entre eux se sont déplacés aux urnes.

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