Mame SECK MBACKE: Littérature féminine francophone d’Afrique noire

Mame Seck Mbacké est assistante sociale de formation. Elle est titulaire d’un diplôme de l’Institut des Hautes Etudes Internationales (Paris II) et d’un diplôme de 3e Cycle en Développement Economique et Social. Elle a fait carrière dans la diplomatie et fut affectée pendant de longues années dans les missions diplomatiques de France et du Maroc. Elle a eu la responsabilité des «cas sociaux» de l’immigration sénégalaise en France au Consulat général du Sénégal à Paris pendant sept ans.
Mame Seck Mbacké est lauréate du Premier Prix de Poésie « Message Pour L’An 2000 » organisé par le Ministère de la Culture et décerné par le Président de la République du Sénégal en Décembre 1999 au Théâtre National Daniel Sorano.
Elle est l’auteur d’un roman témoignage, de quatre recueils de poèmes et d’une pièce pour le théâtre. Elle est aussi l’auteur du scénario « Aadou les Pleurs d’un enfant », présélectionné pour le Festival International du Film d’Amiens. Mame Seck Mbacké écrit également en Wolof.
« Dans la vie de tous les jours, Mame Seck Mbacké ne met pas son drapeau en poche. C’est une militante de la foi, fière d’appartenir à la grande confrérie sénégalaise des mourides. Sa croyance est « Sans rivages ». C’est son message ! Elle le délivre tout au long de ses poèmes, véritables petites perles, qui, mises bout à bout forment un joli collier couleur arc-en-ciel. Ibrahima Signate. » (Quatrième de couverture du recueil de poésie « Les Alizés de la souffrance » [2001])

Ouvrages publiés

ROMAN

Le Froid et le piment

Bako
Mon frère Bako a eu un accident à l’usine. Il présente une affection grave et demeure paralysé des deux jambes. Il vit dans un fauteuil roulant.
Des examens complémentaires sont en cours. Selon le docteur, ils ne permettent d’espérer aucune amélioration.
Il lui est arrivé d’autres accidents pour lesquels je détiens des preuves irréfutables. J’ai tenu à conserver ces preuves parce que le fait d’accident a été refusé. Il apparaît à la lumière des renseignements recueillis que Bako a été victime de nombreux accidents de travail, donc on ne comprend pas l’attitude du médecin qui s’obstine à vouloir faire de sa maladie une maladie osseuse sans relation apparente avec les accidents consécutifs.
Maintenant, mon frère est paralysé par négligence. Il est question de l’envoyer en Afrique mais je m’y oppose formellement tant que la situation n’aura pas été éclaircie et ce qui lui est normalement dû ne lui sera pas versé.

 

L’ouvrage est divisé en trois parties. La première, intitulée «Cas sociaux» regroupe une trentaine de petits textes reflétant la face cachée et tragique de l’immigration sénégalaise en France. La seconde partie, intitulée «Un homme de couleur raconte» relate la destinée d’un homme qui a fait l’Algérie et l’Indochine pour le compte de la France et qui en est réduit à «douze métiers et treize misères» pour survivre. La troisième partie s’intitule «Youmané l’Africaine exilée». La vie de Youmané offre le triste spectacle d’une succession d’échecs: violée dans la famille où elle a été engagée comme bonne, elle est injustement accusée de vol et renvoyée lorsque son patron découvre qu’elle est enceinte de lui. Sa rencontre avec Gérard, un Français qui l’épouse et la ramène en France, est tout aussi négative: l’infidélité de son mari qui finit par quitter le domicile congugal et la décision du tribunal de lui retirer la garde de ses enfants la conduisent à la tombe.

POESIE

Le chant des Séanes

 

MARO

Je t’aime tant

Que j’ai tourné le dos

pour mourir du frisson de tes main

Eventail d’Aurore

 

« Chaque préfacier a sa façon de comprendre son rôle. … moi, je me contenterai de souligner la qualité de cette saga sénégalaise composée par les soins de Mame SECK MBACKE où les dieux, les hommes et les choses continuent de vivre à portée de notre regard intérieur toujours embué de ferveur. » Jean F. Brierre. Préface.

Poèmes en étincelles. Publié à Dakar en avril 1999 à l’occasion d’un récital de poèmes organisé au Centre Culturel Français de Dakar

Pluie-poésie : Les pieds sur la mer

 

 

LES PIEDS SUR LA MER

21 septembre le quai de Dakar L’appel de la sirène déchire les cœurs Le port grouille de solitude  Fourmilière se de spahis  De légionnaires Le temps s’embrasse  Les maîtres des chiens aboyants   Devisent sous leur casques  Mai l’heure est grave

 

 

« Mame Seck Mbacké est une révélation par son originalité, « ouvrant (ainsi) la porte grinçante du temps » pour une véritable Renaissance du Génie poétique. Elle bêche l’essence même de la poésie pour en faire un fleuve puissant d’émotions, d’images, de fragrances et relents, qui gonfle et éclate avec un foisonnement de gerbes de vie, dans un vertigineux courant qui vous surprend, vous envoûte et vous grise. » (Quatrième de couverture)

Les Alizés de la Souffrance

 

Préface
Les mots ont aussi leur histoire souvent engorgée d’émotions, de sentiments, d’îlots de bonheur, d’afflictions. Et c’est de cette mémoire des mots que l’on reconnaît la signature des poètes, leur identité particulière sans laquelle toute tentative poétique devient vaine. Le monde loge, en effet, dans les carrefours, car c’est en eux que se trouvent les mélanges, les synthèses, les rencontres et l’alchimie des rêves….
Babacar SALL

 

Aujourd’hui, Mame Seck Mbacké nous livre un recueil de poèmes sous le titre « Les Alizés de la Souffrance ». C’est une succession de petits tableaux ciselés avec goût, sur une étrange musique : cascades de mots précieux, autant de ruisseaux chatoyants, primesautiers qui finissent par s’épouser pour former une seule grande rivière.
Le ton est parfois nostalgique, désabusé, caustique. Elle nous dit :
« Je suis le Hère,
Riche de toutes les douleurs.»
Mais, il y a la foi qui sauve. Au fond de la douleur et du désarroi, l’espoir surgit, malgré les blessures béantes qu’inflige un monde à la dérive où la sécheresse des coeurs brise les élans de la fraternité. C’est la spiritualité qui sauve du désastre moral. (Quatrième de couverture)

THEATRE

Qui est ma femme?

TABLEAU I
(Bureau somptueux : intérieur cossu, homme fort bien habillé derrière une grande table.)
DAOUDA DIOP
– Aida
AIDA (Elle s’avance vers lui, pimpante habillée sexy)
– Oui Patron
DAOUDA
– Appelle la maison des parfums pour une commande de toute la gamme Chanel du numéro 5 au numéro 19. N’oublie pas d’en prendre pour toi.
(la secrétaire sursaute ravie)
AIDA
– Mais Patron…
DAOUDA
Ah non ! De ce côté je suis intraitable. Tu en prends par force. C’est un ordre et surtout ne me remercie pas. Je me fais un plaisir de te faire plaisir. Que ne ferais-je pour toi ma chère !
(Daouda se disant fait une grande révérence puis enchaîne aussitôt en claquant des doigts…  

Pour en savoir plus

Simon Kiba. «Une jeune femme avec beaucoup d’expérience: Mame Seck Mbacke « Le froid et le piment »», Amina 131 (octobre 1983), pp.22-24. Interview

Ormerod, B. et J-M Volet. Romancières africaines d’expression française. Paris: L’Harmattan, 1994, p.101.

Modibo S. Keita «La poétesse Mame Seck Mbacké», Amina 349 (Mai 1999), pp.99-100. Interview

Pierrette Herzberger-Fofana. «Interview de Mame Seck Mbacké (Sénégal)», Littérature Féminine Francophone d’Afrique Noire. Paris : L’Harmattan, 2000, pp.382-86.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *