Pakistan : le médecin qui a permis de localiser Ben Laden transféré de sa prison

Le Dr Shakil Afridi avait organisé, en 2011, une fausse campagne de vaccination contre l’hépatite C, qui avait servi de couverture à la CIA pour confirmer la présence du cerveau des attentats du 11-Septembre. Condamné à 23 ans de prison, il a été transféré dans un endroit «plus sécurisé».

Le médecin pakistanais qui a permis à la CIA de localiser puis de tuer Oussama Ben Laden, Shakil Afridi, a été transféré de la prison où il était détenu depuis près de sept ans vers un lieu plus sécurisé, ont indiqué ce vendredi des sources concordantes. «Des cadres des services de renseignement l’ont emmené jeudi soir tard vers un lieu inconnu plus sécurisé», a déclaré une source pénitentiaire haut placée qui avait été notifiée de cette information par écrit.

Jamil Afridi, le frère du médecin, a confirmé qu’il avait été informé par des responsables gouvernementaux que «Shakil [avait] été placé dans un endroit plus sûr». Qamar Nadim, son avocat, a fait état de la même information. Le Dr Afridi, âgé d’une cinquantaine d’années, avait organisé une fausse campagne de vaccination contre l’hépatite C, qui avait servi de couverture pour confirmer la présence de Ben Laden, le redouté chef d’al-Qaida.

Une humiliation pour les Pakistanais

Une fois localisé, le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 avait été abattu, le 2 mai 2011, par les forces spéciales américaines lors d’un raid à son domicile d’Abbottabad, une petite ville de garnison pakistanaise qui abrite l’académie militaire du pays. Cette spectaculaire intervention étrangère fut vécue comme une humiliation au Pakistan, laissant des traces profondes dans ses relations avec les États-Unis et compliquant d’autant le cas du docteur. D’après Me Nadim, le Dr Afridi a passé la plupart de son séjour en isolement dans une petite cellule.

Arrêté peu après le raid par les autorités pakistanaises, le médecin a été jugé pour liens avec des extrémistes – un chef d’accusation largement considéré comme fantaisiste – et condamné à une peine de 33 ans de prison, réduite par la suite à 23 ans. Durant la campagne électorale qui avait vu son élection, le candidat Donald Trump avait affirmé qu’il demanderait à Islamabad de libérer le médecin. «Je suis sûr qu’ils le libéreront. Parce que nous donnons beaucoup d’aide [financière] au Pakistan», avait affirmé le désormais président des États-Unis.

Un commentaire qui avait ulcéré les autorités pakistanaises, l’ex-ministre de l’Intérieur qualifiant alors Trump d’«ignorant». «Le gouvernement du Pakistan et non Donald Trump» décidera du sort de Shakil Afridi, avait-il encore fait savoir. Les relations entre Washington et Islamabad n’ont depuis cessé de se dégrader, les États-Unis accusant le Pakistan de donner «refuge» à des groupes extrémistes.

lefigaro

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