Qui est Serigne Chouhaibou MBACKE ?

Sa naissance

Fils de Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul et de Sokhna Maréma Diakhaté et par ailleurs frère germain de Cheikh Abdoul Ahad (3ème Khalife général des mourides), Serigne Chouhaibou est né le 17 Juin 1917 à Diourbel, soit le 5ème jour du mois de Ramadan 1335H. Lorsqu’il vit le jour, Cheikh Ahmadou Bamba demanda de lui réserver un traitement spécial et fit un témoignage mémorable à son égard.

Ses origines

Sa mère se nomme Sokhna Maréma Diakhaté ; issue de la famille Mbakol connue pour leur érudition et leur piété ancestrales est la fille de Serigne Modou Asta Diakhaté et de Sokhna Dieng Sylla. Elle est, en ce sens, la sœur de Serigne Amsatou Diakhaté et de Sokhna Faty Diakhaté (la mère de Serigne Saliou).

Serigne Modou Asta Diakhaté était un exemple de piété. Il maîtrisait parfaitement le Saint Coran et l’appliquait à la lettre. Eminemment respectable et digne, il ne vivait qu’à la sueur de son front : en témoigne l’attitude élogieuse qu’il adoptait durant ses voyages. Il ne se déplaçait que lorsque les circonstances l’exigeaient. Avant d’entamer un voyage, il avait l’habitude de préparer du « Sankhal » (une sorte de couscous) afin de ne manger que sa propre nourriture, durant tout le trajet. On raconte qu’un jour, Serigne Touba avait appelé Mame Thierno et demanda à ce dernier de lui trouver une épouse originaire d’une famille à la fois pieuse, vertueuse et dont ses sept aïeuls maîtrisent le Coran. A la suite de ses recherches, Mame Thierno jeta finalement son dévolue sur la famille de Serigne Modou Asta Diakhaté. C’est ainsi qu’il fit venir Sokhna Faty Diakhaté (la mère de Serigne Saliou) et, par la suite, Sokhna Maréma Diakhaté (la mère de Serigne Chouhaibou).

Son éducation

Serigne Chouhaibou n’a vécu avec sa mère Sokhna Maréma Diakhaté que pendant treize mois et une dizaine de jours. Lorsque cette dernière fut rappelée à Dieu, Serigne Touba recommanda à tous les disciples qui se trouvaient à Diourbel d’aller assister aux funérailles et fit sur elle un témoignage mémorable: « A ce jour, aucun mort n’est  encore rentré au paradis excepté Mariama ». Ceci n’est que l’un de ses nombreux privilèges.

Par la suite, le Cheikh appela Sokhna Khary mbar Syll, la mère de Serigne Abdou Samad, et lui dît : « Ton Seigneur te demande de prendre soin de Chouhaibou et de veiller sur son éducation ». Rappelons que lorsque le Cheikh lui disait cela, Sokhna Faty Diakhaté était présente ainsi que Sokhna Astou ; mais c’est elle (Sokhna Khary Syll) qui fut choisie. Cette dernière disait souvent que « le Cheikh savait que Serigne Abdou Samad me quitterait très tôt alors que Serigne Chouhaibou, lui, vivra et s’occupera de moi demain, c’est pourquoi il me l’a confié ». Ainsi Serigne Chouhaibou grandît sous la tutelle Sokhna Khary mbar Syll et cette dernière prît bien soin de lui et le considéra comme son propre fils.

Un jour (mercredi), le Cheikh appela Serigne Chouhaibou, prit une tablette en bois (alliwo), y écrivit les premières lettres du Saint Coran et l’initiât personnellement à l’apprentissage du Livre Saint. Puis, il appela ensuite Serigne Amsatou Diakhaté et le lui confia. Ce dernier le remit, ensuite, à Serigne Alassane Diakhaté pour qu’il lui enseigna le Saint Coran. Rappelons que ce dernier enseignait dans la maison de Serigne Amsatou et qu’il a aussi apprit le Saint Coran à Serigne Abdoul Ahad et à Serigne Saliou.

Surdoué hors pair, Serigne Chouhaibou mémorisa le Saint Coran en l’espace de deux ans. A ce propos, son fils Serigne Fallou nous raconte qu’un jour Serigne Chouhaibou lui a dit qu’il était allé voir le Cheikh. Ce dernier lui demanda le niveau dans lequel il était dans son apprentissage du Livre Saint et lorsque Serigne Chouhaibou le lui révéla, le Cheikh en fut grandement étonné. Toujours dans cette optique, Serigne Fallou nous raconte qu’il a une fois demandé à Serigne Chouhaibou s’il se rappelait de sa mère. « Je ne me rappelle pas de sa personne parce que je n’ai vécu avec elle qu’un an et quelques mois , mais je me rappelle très bien des filles qui étaient sous sa tutelle dont elle enseignait le Coran » répondît-il en citant des noms : « Bousso Ndiaye et Soukey Bèye en faisaient partie ». Il ajoute : « J’ai même mémorisé l’une des sourates qu’elle leur enseignait ». Serigne Fallou lui demanda de quelle sourate il s’agit? « C’était la sourate Al-Ghassihiya », répondît-il. Ceci atteste à merveille combien il était miraculeusement surdoué.

Il est donc clair qu’un enfant doté d’une telle capacité de maitrise n’aura pas de difficultés à mémoriser le Saint Coran. Ce fut exactement le cas car, il mémorisa le Livre Saint en seulement deux ans.

C’est ainsi que Serigne Amsatou l’accompagna chez le Cheikh, comme à l’accoutumée, ce dernier l’écouta réciter l’intégralité du Saint Coran.

L’événement le plus marquant entre lui et le Cheikh est, sans doute, leur fameuse entrevue qui restera à jamais gravée dans les mémoires :

Un jour, le Cheikh demanda à Serigne Amsatou de venir lui rendre visite en compagnie de Serigne Chouhaibou. A leur arrivée le Cheikh leur réserva un accueil chaleureux. Ils passèrent la journée ensemble. Le Cheikh servît à Serigne Chouhaibou une variété de repas ainsi que du thé qu’il avait lui-même préparé. A ce propos, Serigne Chouhaibou raconte que le Cheikh récitait des versets coraniques durant toute la préparation. Et après lui avoir servi le thé, le Cheikh lui offrit les ustensiles avec lesquels il avait préparé le thé. Lors de cette journée, le Cheikh a eu une longue discussion avec Serigne Chouhaibou. Une discussion dans laquelle il lui a fit des recommandations : il lui conseilla de ne pas laisser la tête chevelue, autrement dit, de se raser souvent ; de s’assoir toujours en face de la Kaaba. Et depuis lors Serigne Chouhaibou n’a jamais dérobé à cette règle, il s’assoyait toujours en face de la Kaaba.

Lorsque la prière de l’après-midi s’approcha, le Cheikh appela Serigne Amsatou. Quand ce dernier arriva, le Cheikh dît à Serigne Chouhaibou : « Sais-tu pourquoi je t’ai préparé du thé et t’ai offert les ustensiles? ». Alors qu’il s’apprêtait à répondre, Serigne Amsatou prît la parole et dît: « Il a beau chercher mais il n’a pu savoir pourquoi ». Le Cheikh ébaucha un sourire et dit: « c’est pour t’apprendre l’hospitalité mais aussi encourager à l’apprentissage et à l’enseignement du Saint Coran ». D’ailleurs, Serigne Chouhaibou dira plus tard à son fils Serigne Fallou que « si je m’occupe de l’enseignement coranique aujourd’hui c’est surement dû à ces propos du Cheikh ».

La discussion continua ainsi. Et quand le muezzin entonna l’appel à la prière de l’après-midi, le Cheikh se tut. Et lorsque l’appel fut terminé, le Cheikh formula des prières pour ses hôtes, leur fît ses adieux et prît congé d’eux.

Après la disparition du Cheikh, alors qu’il avait déjà parachevé son apprentissage du Saint Coran, Serigne Amsatou le confia (ainsi que ses frères Serigne Abdoul Ahad, Serigne Saliou, Serigne Abdou Samad) à Serigne Modou Moustapha le successeur du Cheikh. Serigne Modou Moustapha les emmena à Tindodi et les confia à un maitre qui s’appellait Serigne ibra djeng afin qu’il leur enseignât les sciences islamiques. Mais leur séjour là-bas fut éphémère : moins d’un an. Par la suite, Serigne Abdoul Ahad demanda à Serigne Modou Moustapha de les confier à Serigne Abibou Imam afin qu’ils poursuivent leur enseignement chez ce dernier. Serigne Abibou était un véritable érudit. A cette époque Serigne Cheikh Gaindé Fatma et Serigne Mbacké Madina venaient de rentrer de Mauritanie où ils avaient parachevé leurs études coraniques. Ensemble, Serigne Modou Moustapha les confia à Serigne Abibou. Ils y restèrent jusqu’à l’achèvement de leurs études.

Serigne Chouhaibou, l’éminent enseignent du Saint

Coran

Rigoureux, fidèle, constant et engagé, Borome Madiyaana, comme on l’appelle affectueusement, faisait preuve d’une dévotion inouïe envers le Cheikh. La disparition du Cheikh n’a pas changé son comportement d’un iota. Toute suite après le rappel à Dieu de ce dernier, il fit pacte d’allégeance à son successeur Serigne Modou Moustapha et continua de perpétuer, sous la houlette de son grand frère, la recommandation que le Cheikh lui avait faite, à savoir l’enseignement du Saint Coran.

En 1945 lorsque Serigne Modou Moustapha fut rappelé à Dieu, Serigne Chouhaibou se trouvait à ses champs dénommés MBAM DJIGAE. Il n’apprit l’événement tardivement (le lendemain) puisqu’à l’époque les téléphones n’étaient pas encore répandus. C’est ainsi qu’il prît une ferme résolution de ne plus voyager. A ce propos il raconte que lors du chemin du retour, à chaque fois qu’il passait devant endroit il le regardait en se disant que c’est la dernière fois qu’il y passe.

Ainsi, entre 1947 et 1948 il s’installa définitivement à Touba, et y a passé le reste de sa vie. Il transforma son domicile en école coranique et débuta l’enseignement du Coran. Ses premiers élèves furent ses propres enfants ainsi que ceux de ses frères. On peut citer à titre d’exemple: son fils Serigne Abdoul Ahad ; Serigne Chakhouna, fils de Serigne Abdoul Ahad ; Serigne Chouhaibou, fils de Abdoul Ahad ; Serigne Chakhouna, fis de Abibou ; Serigne Chouhaibou, fils de Serigne Modou Moustapha Fall; Serigne Laye Diouf, fil de Serigne Thierno Diouf Lambaye etc.

Méthodologie d’enseignement de Serigne Chouhaibou

Mbacké

Véritable pédagogue, Serigne Chouhaibou excellait dans l’art d’enseigner le Saint Coran. Sous sa tutelle, les élèves dotés d’une bonne mémoire maîtrisaient le Livre Saint en l’espace de deux ans. Et une fois le Coran mémorisé, l’élève devait réciter quarante fois l’intégralité du Livre afin de mieux l’assimiler. Et si l’élève commet, durant la récitation, ne serait-ce qu’une seule erreur, il devrait recommencer. En outre, si l’élève atteint un certain niveau dans son apprentissage du Saint Coran, il l’initiait à l’apprentissage des sciences islamiques. Grace à cette méthode innovante, l’élève acquérait une base solide en sciences islamiques avant même d’achever l’apprentissage du Saint Coran. La baraka de son enseignement, l’efficacité et l’ingéniosité de ses méthodes lui ont valu une renommée sans commune mesure, si bien  que les gens affluairent de partout pour lui confier leurs enfants.

C’est ainsi qu’il fonda un autre foyer d’étude coranique et le dénomma Touba Madiyaana, plus connu sous le nom de Nianka. Il y installa son disciple Baye Serigne Gueye afin qu’il y assura l’enseignement du Saint Coran.

Serigne Chouhaibou continua ainsi et le nombre des apprenants ne cessa de s’accroître. Ainsi Les promotions se succédèrent . Inspirés et séduits par leur maitre, la plupart des sortants ouvrirent leurs propres écoles coraniques. L’école coranique de Serigne Chouhaibou se multiplia en unités partout dans Touba et ses environs.

Aujourd’hui, la plupart des figures du Mouridisme sont issues de l’école de Serigne Chouhaibou. On peut citer à titre d’exemple : Serigne Fallou Abdou Khadre, l’imam de Touba ; Serigne Moustapha Abdou Khadre, l’imam de la Mosquée Massalikoul Djinane de Dakar ; Serigne Djily Abdoul Ahad ; Serigne Abdoul Ahad Chouhaibou ; Serigne Fallou Chouhaibou, président-fondateur du Centre d’Appui et de Recherche pour la Formation et l’Education Islamique au Sénégal (CARFEIS) situé à Dakar.

Tarbiya (l’éducation)

Serigne Chouhaibou ne se limitait pas seulement à l’enseignement livresque. Il alliait l’instruction et l’éducation de base. En effet, une connaissance livresque dénouée de vertus, de valeurs, de bonne conduite et du savoir-vivre, ne sert pas à grand-chose. C’est pourquoi Serigne Chouhaibou était un instructeur doublé d’éducateur et de formateur.

Sa méthode était simple. Il apprenait à l’enfant les connaissances livresques et en même temps lui inculquait, de façon graduelle, les valeurs intrinsèques à la bonne conduite, et cela dans un environnement sain, dénudé de toutes influences négatives. Par conséquent, ceux qui sortaient de son école faisaient montre d’un comportement et d’une conduite exemplaires. Ils gagnaient le respect de tous et devenaient des références où ils allaient.

Ainsi Serigne Chouhaibou avait beaucoup de centres d’éducation ou ‘’Daara Tarbiya’’. On peut citer à titre d’exemple : Ndimbou (son 1er fondé en 1935) ; Mbam Djigan ; Loumbél Sayar, Mbarane Diop ; Kabbou Gaye etc.

En tant qu’éducateur et formateur, Cheikh Chouhaibou a écrit des livres pour mieux dispenser ses enseignements et atteindre un public beaucoup plus vaste. Véritable pédagogue, il a écrit ses livres avec un style simple, limpide et accessible à tous. Ayant constaté que la quasi-totalité des œuvres qui traitent les questions relatives à la jurisprudence islamique sont écrites en arabe, or la plupart des sénégalais ne comprennent pas cette langue, il écrivit certaines de ses œuvres en Wolof afin de les rendre plus accessibles et de donner à tous ceux qui parlent cette langue, un outil qui leur permettra de comprendre facilement les notions fondamentales de leur religion.  Son œuvre la plus célèbre est sans doute Khouratoul Ayni. Un livre écrit en wolof et dont l’utilité et l’accessibilité n’est plus à démontrer. Ce livre traite presque tous les sujets qui ont trait à la vie du musulman, que ça soit dans le domaine de la Jurisprudence islamique, de la vie sociale, de l’économie, de la politique, de la santé etc. Toujours dans son actif, on peut citer : Boukhyatoul mouridine (en Arabe) ; Oussoulou Tassawouf (en Arabe) ; Nayloul Awtar (en Arabe) etc.

De même qu’il éduquait les hommes, Serigne Chouhaibou formait aussi les femmes. Ainsi il les recommandait, particulièrement celles qui étaient sous son autorité, de se conformer aux normes islamiques, d’éviter les verbiages, les bavardages inutiles et les tapages. Il leur interdisait toute  pratiques contraires aux enseignements de l’Islam et faisait preuve d’intransigeance à l’égard de celles qui faisaient fis de ses instructions.

En guise de sanction pour les fautives, Il allait jusqu’à demander que l’on réduise la part de nourriture qu’on leur donnait parce que disait-il « seules, celles (ou ceux) qui ont le ventre plein peuvent se permettre de s’adonner aux cris et aux tapages ». Parfois il leur (les femmes) écrivait des lettres dans lesquelles il leur donnait des recommandations et des conseils. Une fois la rédaction des lettres terminées, il les appela toutes  et demanda à quelqu’un de les lire à haute voix. Voici in extenso l’une de ces lettres :

« Les liens les plus sacrés sont les liens parentaux ou conjugaux. Pourtant, parmi les prophètes il y a un dont le père est en enfer, il y a un autre dont l’épouse y est, il y a aussi un autre dont c’est le fils qui s’y trouve. C’est seulement leur refus d’obéir qui les a conduits là-bas. Lorsque je vous sermonne, vous certaines d’entre disent que je ne suis ni le propriétaire de l’enfer encore moins du paradis. Effectivement, vous avez raison. Si le paradis m’appartenait, je vous y ferai tous rentrer. Mais ce n’est pas le cas. Sachez que le propriétaire du paradis et de l’enfer a édicté des normes et fait savoir que quiconque les respecte rentrera dans le premier et quiconque les bafoue rentrera dans le second. Je ne fais que vous transmettre ses ordres. »

Ses qualités

Serigne Chouhaibou était très pieux. Ponctuel et toujours actif, il connaissait la valeur du temps. D’ailleurs, il n’acceptait pas que quelqu’un reste dans la maison les bras croisés, sans rien faire. A l’heure de la prière il veillait toujours à ce que toute la missionnée l’accomplisse à temps. Ce qu’il tolérait le moins pour ne pas dire ce qui lui mettait en colère c’était de voir quelqu’un s’adonner à une activité autre que l’accomplissement de la prière.

Raffiné, bienséant, courtois, bref il ressemblait à son père physiquement et moralement et l’imitait dans tout.

Il faisait montre d’une gratitude rarissime. Il était tellement reconnaissant que lorsqu’une de ses connaissances n’était plus, il perpétuait la relation cordiale avec ses enfants et les traitait de la même manière qu’il traitait leur parent.  Mieux, il se rendait souvent la nuit au cimetière, et après avoir visité le mausolée du Cheikh, il allait formuler des prières pour ses défunts proches et connaissances ainsi que tous ceux qui s’y trouvaient. Quelle gratitude !

Sa miséricorde et sa générosité étaient attestées par tous. Son affection et altruisme n’étaient pas seulement réservés aux humains. Même les animaux en faisaient partie. En témoigne le récipient qu’on mettait quelque part dans la maison, exclusivement destiné aux oiseaux, ce dit-récipient était régulièrement approvisionné afin que les oiseaux-visiteurs ne rentrent jamais bredouilles. Mieux, il traitait les oiseaux si bien que ces deniers ne sentaient plus effrayés par sa présence, ils sont finis par se familiariser avec lui. Ainsi lorsqu’il s’asseyait, chapelet à la main, en train d’effectuer ses litanies, les oiseaux se posaient sur sa tête et il disait souvent : « si les oiseaux ne fuient pas c’est parce qu’ils savent que j’ai de la pitié pour eux et que je ne leur ferais aucun mal ». Parmi les preuves de sa miséricorde incommensurable : un jour, il faisait construire un bâtiment et au moment du coulage il vit un pigeon sortir du sentier. Il demanda toute de suite à Cissé d’aller vérifier si le pigeon a fait un nid dans le bâtiment. Ce qui fut le cas. Sa décision fut immédiate : « arrêtez les travaux et laissez le tranquille quelques jours. Peut-être il partira », ordonna-t-il. Les maçons attendirent des jours mais l’oiseau ne quitta pas les lieux. Il leur demanda d’attendre encore. Jusqu’à son décès, la construction du bâtiment ne fut pas achevée.

Serigne Chouhaibou accordait beaucoup d’importance à la médecine et tout ce qui attrait au domaine sanitaire. Un domaine dans lequel Allah lui avait doté de véritables talents. Il suffit de visiter son livre intitulé Khouratoul Hayni pour se rendre à l’évidence. Epris des sciences de la santé, il côtoyait souvent les médecins. Il les invitait souvent chez lui et discutait avec eux sur certaines notions médicales. Parmi ces médecins, on peut citer par exemple Docteur Fall, Docteur Diaw. Il avait même sa propre pharmacie chez lui. Ainsi, quand un nécessiteux venait avec son ordonnance pour solliciter de l’aide. Il prenait l’ordonnance et vérifiait si les médicaments prescrits sont disponibles dans la pharmacie, si tel était cas il les lui donnait gratuitement et dans le cas contraire, il envoyait quelqu’un les acheter et les lui remet.

Philanthrope, charitable, solidaire, altruiste, il s’occupait toujours des pauvres et des démunis. Il se chargeait de la nourriture de pas mal de familles dans la discrétion la plus totale. Il donnait avec la manière. « L’adage ne dit-il pas que la manière dont on donne vaut mieux ce que l’on donne ». A ce propos, il attendait souvent la nuit pour octroyer les dons. Et quand il s’agissait d’approvisionnements en nourriture, il évitait de les acheminer à leurs destinataires par voiture afin d’éviter les regards indiscrets. Ainsi il les convoyait par charrette. Et lorsqu’il découvrit une certaine indiscrétion de la part d’un des convoyeurs, il le retirait immédiatement de l’équipe. Une illustration parfaite de la recommandation du Prophète PSL dans laquelle il dit « lorsque vous donnez avec la main droite, faites-en sorte que la main gauche ne s’en rende pas compte ».

En somme il était savant, pieux, ascète, discret, reconnaissant, philanthrope, affectueux, miséricordieux, tolérant, généreux…  On ne saurait énumérer ses qualités si glorieuses !

Sa disparation

Cheikh Chouhaibou fut rappelé à Dieu Vendredi 05 Avril 1991, correspondant à la nuit de la destinée communément appelée Layla Toul Khadre, Ramadan 1411H.

C’est à l’aurore de cette nuit bénite que le saint homme rendit l‘âme après avoir accompli la prière du Fadjr ainsi que le « Wird Makhous ».

C’est au mois de Ramadan qu’il naquit, c’est aussi dans ce mois bénit qu’il fut rappelé. On peut donc résumer sa vie en un mot : bénédiction. En effet, le Ramadan est le mois de la bénédiction comme l’est aussi la vie Serigne Chouhaibou.

Réalisé par : Cheikh Chouhaibou MBACKE

Sous la collaboration :

Serigne Fallou MBACKE ibn S.  Chouhaibou Serigne Abdoul Ahad MBACKE

Mai 2018 – Shahban 1439

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