RCA: la tension au PK5 de Bangui fait planer le spectre d’un conflit communautaire

En RCA, deux jours après l’opération de la Minusca visant à désarmer et arrêter les chefs des groupes d’autodéfense du PK5 de Bangui, le quartier est toujours isolé. La Mission de l’ONU en RCA ne peut toujours pas y rentrer. Le poumon économique de Bangui a fermé boutique, ce lundi, et cette tension fait craindre un retour d’un conflit communautaire.

Des barricades, des vestiges de pneus calcinés, des hommes en armes partout. Ce sont les seuls, ou presque, qui se déplacent dans le quartier. Et montent la garde à la sortie de l’avenue Boganda, l’axe principal qui mène au centre-ville de Bangui.

De nombreuses boutiques sont toujours criblées d’impacts de balle après l’opération du week-end. Ce qui met en rage Bensaïr, un commerçant du PK5 : « Pourquoi ils sont venus tirer sur ma boutique ? C’est devenu un problème de religion, alors que ce n’est pas ça. Ils sont venus prendre quelqu’un, mais il est là-bas ».

Dans une rue perpendiculaire à l’avenue Koudoukou, habituellement pleine de vie, se trouve le QG du général Force. Depuis plusieurs semaines, il se livre à un bras de fer avec la Minusca qui, à la demande des commerçants du quartier, a décidé de le désarmer.

Ce que refuse le chef de guerre : « Pour nous désarmer, il y a une condition, on ne peut pas désarmer quelqu’un comme ça, comme un animal. Il faut d’abord désarmer tous les arrondissements de Bangui avant de désarmer le quartier ».

Dans ce quartier fantôme, des graffitis « Non à Touadéra et à son gouvernement anti-balaka » surgissent parfois. Une manière pour les habitants du Kilomètre 5 de montrer leur défiance face à l’exécutif, comme le déplore Adef : « Les forces de défense et de sécurité ne sont pas partiales, ils sont venus contre les musulmans. C’est ce que nous avons constaté et ça n’a pas marché ».

Cette tension se traduit aussi par des prises de position politico-militaires. Le FPRC, la principale faction de l’ex-Seleka a d’ores et déjà mis en garde le gouvernement accusé de remettre en cause l’initiative pour la paix emmenée par l’Union africaine.

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