Brexit : les discussions entre Theresa May et l’opposition sont déjà dans l’impasse

La Première ministre britannique Theresa May a estimé « impossible », jeudi soir, d’écarter la possibilité d’un Brexit sans accord. Le chef de l’opposition Jeremy Corbyn en avait fait une condition préalable pour négocier.

L’impasse, déjà. Les négociations avec l’opposition sur le Brexit souhaitées par la Première ministre Theresa May s’engagent très mal, la dirigeante britannique ayant jugé jeudi 17 janvier « impossible » de remplir une condition posée par le Labour.

Le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, a exigé de la cheffe du gouvernement conservateur qu’elle écarte clairement l’éventualité d’une sortie sans accord de l’Union européenne au 29 mars, avant d’entamer toute discussion.

« Impossible », a répondu Theresa May dans un courrier rendu public jeudi soir, ceci « n’est pas dans les pouvoirs du gouvernement ». Elle estime qu’il n’existe que « deux manières d’éviter un ‘no deal' » : le vote d’un accord au Parlement ou l' »annulation des résultats du référendum » de 2016. Jugeant « injuste » cette dernière option, elle ajoute que seul le Parlement peut empêcher un divorce sans accord.

La porte « reste ouverte »

La dirigeante assure néanmoins que sa porte « reste ouverte à une rencontre sans conditions préalables ». Mercredi soir, elle avait commencé à recevoir les dirigeants de l’opposition, bien consciente de la nécessité de convaincre au-delà de son camp pour trouver une solution depuis le rejet massif, mardi au parlement, de son accord de sortie négocié avec Bruxelles.

Mais « la Première ministre n’est pas prête à des discussions sérieuses pour trouver une solution », a déploré dans la soirée un porte-parole du parti travailliste, réitérant les mêmes exigences.

Theresa May doit présenter lundi un projet alternatif, qui devrait toutefois rester dans la ligne de l’accord initial. Signe de l’enjeu, elle a annulé sa participation au forum économique mondial de Davos, qui s’ouvre lundi pour une semaine. Les députés britanniques auront la possibilité d’amender ce « plan B ». Leurs modifications seront présentées au vote le mardi 29 janvier, à deux mois tout juste de la date prévue du Brexit.

Vers un report du divorce ?

L’hypothèse d’un report du divorce est de plus en plus discutée à Bruxelles, pour éviter le chaos d’une sortie sans accord. Elle a reçu jeudi le soutien du comité parlementaire britannique chargé du Brexit. Mais c’est au gouvernement de Theresa May qu’il revient d’en faire la demande aux 27.

« S’ils nous disent que c’est pour organiser de nouvelles élections ou un nouveau référendum, cela ferait partie des motifs acceptables », a estimé un diplomate européen, « mais il faut que ce soit court, pas plus de quelques semaines ».

L’option d’un second référendum demeure exclue par Theresa May. Il faudrait plus d’un an pour organiser une nouvelle consultation, a estimé jeudi Downing Street. Ce scénario est défendu par le SNP, le Parti libéral-démocrate, le parti nationaliste gallois Plaid Cymru et les Verts, qui pressent Jeremy Corbyn de leur emboîter le pas.

Selon un sondage YouGov réalisé auprès de 1 070 personnes pour le mouvement People’s Vote, qui réclame un deuxième référendum, 56 % des Britanniques voteraient pour rester dans l’UE en cas de nouvelle consultation, soit la proportion la plus élevée depuis le vote de juin 2016 qui a décidé du Brexit.

FRANCE 24

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