CHEIKH OUMAR ANNE DE L’APR, SUR LA MANIFESTATION ANTI-PARRAINAGE «L’opposition a lamentablement échoué dans sa tentative de déstabilisation du pays»

Le maire «apériste» de Ndioum, Cheikh Oumar Anne, se félicite du vote de la loi sur le parrainage. Non sans tacler l’opposition qui, selon lui, «a lamentablement échoué dans sa tentative de déstabilisation du pays». 

 

Quel commentaire faites-vous de l’adoption du projet de loi sur le parrainage par l’Assemblée nationale ?

Ce qu’il faut remarquer d’abord, c’est que nous sommes dans un système démocratique. Cela veut dire que la majorité gouverne, l’opposition s’oppose. Ensuite, le président de la République a les prérogatives constitutionnelles de mettre en œuvre sa vision. Vision à partir de laquelle, les Sénégalais lui ont fait confiance. C’est la personnalité qui a la responsabilité d’appréhender les problèmes que nous avons et de trouver des solutions. La Nation sénégalaise a de grands ressorts qui font qu’on ne peut pas la déstabiliser. Aujourd’hui, nous devons être fiers d’être Sénégalais, parce que force est restée à la loi et l’Assemblée nationale a joué son rôle qui consiste à voter les lois. Un projet de loi a été déposé et il y a eu énormément de tentatives de déstabilisation avant et pendant le vote. Mais avec la sérénité de nos députés, l’Assemblée a correctement fonctionné. La loi a été votée dans la régularité constitutionnelle. Il faut s’en féliciter. Ce qu’il faut regretter, c’est qu’on ait voulu faire des choses qui ne sont pas de nature à approfondir notre démocratie, c’est-à-dire, à s’opposer au fonctionnement normal d’une institution comme l’Assemblée nationale. Cela est inacceptable.

L’opposition avait annoncé un 23 juin bis…

Tout le monde a constaté que ce n’est pas un 23 juin bisL’opposition a lamentablement échoué dans sa tentative de déstabilisation du pays. Le 23 juin 2011, tout le monde avait vu ce qui s’était passé à l’Assemblée nationale. C’était un contentieux entre le peuple sénégalais et le président de la République et son gouvernement. Le peuple avait dit non à un projet de loi qu’avait déposé le gouvernement de l’époque. Finalement, le projet de loi avait été retiré. C’était le peuple qui s’était dressé contre le gouvernement avec une position claire. Ce 19 avril, c’est juste quelques militants de l’opposition qui ont voulu déstabiliser le pays. Mais c’était peine perdue, parce que les Sénégalais se sont approprié la loi. Il n’y a aucun contentieux entre le peuple et le gouvernement. C’était un contentieux entre la majorité et l’opposition et cela est inhérent à tout système démocratique.

Que vous inspire le boycott du vote par les députés de l’opposition ?    

Tout cela a été planifié. Les députés de l’opposition se sont finalement rendu compte que le peuple sénégalais était du côté du président de la République qui, après une analyse claire et profonde de la situation du Sénégal, a proposé un système qui est adopté dans tous les pays démocratiques du monde. Faire une présélection pour vérifier si ceux qui prétendent à diriger le pays, ont une assise populaire réelle. On a toujours procédé à une présélection. Jusqu’au vote de cette loi, la présélection était basée sur le dépôt d’une caution financière pour les partis et sur un nombre de parrainages pour les indépendants. Mais depuis quelques années, tout le monde a constaté que le Sénégal est devenu un pays qui a des ressources naturelles, qui font que les enjeux financiers ne se posent plus de la même façon. Si, il y a quelques années, les gens considéraient que la barrière devait se faire sur la base de l’argent, aujourd’hui, limiter la sélection sur la base uniquement d’un dépôt d’une caution financière, n’est plus pertinent. Des gens ont suffisamment d’argent pour parrainer une centaine de candidatures. Il faut donc protéger le système démocratique. Ca, c’est le premier aspect. L’autre aspect, c’est qu’il y a des enjeux. Le Sénégal est devenu un pays gazier et pétrolier. On ne peut plus aller à des élections comme cela se faisait avant. Il y a des cybers attaques qui sont possibles. Les enjeux sont tels que quelqu’un qui veut accéder à notre pétrole, peut soutenir des candidats et leur donner suffisamment d’argent pour entacher la régularité de nos élections. A partir de ce moment, le peuple sénégalais doit être vigilant pour que le choix de notre Président dépende exclusivement de lui. Le parrainage ne doit être étudié que sous cet angle-là.
(VOX POPULI)