Chute de la livre en Turquie: une «guerre économique» américaine pour Erdogan

Une nouvelle fois, c’est sur le terrain économique que Donald trump compte faire plier son adversaire. Depuis plusieurs mois déjà, les relations entre les Etats Unis et la Turquie sont au plus bas. Des sanctions américaines contre des ministres turcs, le 1er août, avaient entraînés une chute de la livre.

Le président turc a appelé vendredi ses concitoyens à lutter contre cette guerre en changeant leurs devises étrangères en livres turques. Car, pour Recep Tayyp Erdogan, la Turquie est en guerre: elle est attaquée par les marchés, c’est d’ailleurs ce que reprennent ce matin les nombreux journaux pro-gouvernementaux.

« C’est une attaque économique », « nous allons gagner la guerre économique » peut-on lire par exemple à la Une de ses titres, rapporte notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette. Du côté des quotidiens d’opposition on se penche surtout sur les conséquences à venir pour les Turcs : les travailleurs sont aujourd’hui 16 % plus pauvres pour le journal de gauche Evrensel. « Le régime d’un seul homme » mène le pays à la catastrophe titre encore BirGün en évoquant du nouveau système présidentiel.

Les approvisionnements pharmaceutiques menacés ?

Enfin le quotidien Cumhurriyet sonne l’alarme avec un exemple concret : la crise des médicaments est à notre porte. C’est le président de l’Association des pharmaciens qui l’explique : en raison de la chute de la livre turque, moins de médicaments ont été importés ces dernières semaines. Résultat, le spécialiste s’inquiète: pour des centaines de produits il ne reste plus que dix jours de stock dans les dépôts.

Cela fait presque un an que les relations entre la Turquie et les Etats-Unis se dégradent mais le tweet de Donald Trump vendredi (annonçant le doublement des taxes douanières sur l’aluminium et l’acier turcs) a mis une sacrée pagaille. fragilisant encore un peu plus l’économie turque et semant aussi le doute sur les marchés internationaux, toujours sensibles aux coups de semonces du président américain, précise notre correspondant à Washington, Grégoire Pourtier.

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