Crash de l’avion d’Emiliano Sala : une manœuvre à vitesse excessive à l’origine de l’accident

L’accident d’avion qui a coûté la vie au footballeur Emiliano Sala en 2019 est dû à une manœuvre du pilote effectuée à une vitesse trop élevée, durant laquelle il a perdu le contrôle de l’appareil, selon le bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB).

Le pilote de l’avion dans l’accident duquel le footballeur Emiliano Sala a été tué en 2019 a effectué une manœuvre à une vitesse excessive, qui a entraîné la dislocation de l’appareil, a conclu le bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB).

Dans leur rapport définitif publié vendredi, les enquêteurs estiment que le pilote a perdu le contrôle de l’appareil lors d’une manœuvre probablement destinée à éviter le mauvais temps. Le pilote David Ibbotson, dont le corps n’a jamais été retrouvé, aurait aussi « probablement » été intoxiqué au monoxyde de carbone.

Le petit avion privé à bord duquel se trouvait le joueur de 28 ans et le pilote avait sombré dans la Manche le 21 janvier 2019. L’attaquant du FC Nantes rejoignait le club de Cardiff, où il venait d’être transféré pour 17 millions d’euros.

Le corps du joueur, dont la disparition avait ému le monde du football, avait été retrouvé dans la carcasse de l’appareil, plus de deux semaines après l’accident, à 67 mètres de profondeur.

L’autopsie a permis d’établir qu’Emiliano Sala a succombé à des « blessures à la tête et au tronc ». Un rapport intermédiaire publié en août dernier par l’AAIB avait permis d’établir que l’attaquant argentin avait été exposé à un niveau « potentiellement mortel » de monoxyde de carbone.

Le bureau d’enquête avait jugé « probable » que le pilote ait également été exposé. « Il est clair d’après les symptômes que l’exposition au (monoxyde de carbone) peut réduire ou inhiber la capacité d’un pilote à piloter un avion en fonction du niveau d’exposition », avait expliqué l’AAIB.

L’intoxication au monoxyde de carbone constitue un risque particulier pour le type d’avion dans lequel les deux hommes voyageaient. « Une mauvaise étanchéité de la cabine ou des fuites dans les systèmes de chauffage et de ventilation par les gaz d’échappement peuvent permettre à du monoxyde de carbone d’entrer dans la cabine » et dans le poste de pilotage, avaient expliqué les enquêteurs.

Pas de poursuites pénales

Moins d’un mois après l’accident, le bureau d’enquête avait établi que le Piper PA-46 Malibu, enregistré aux États-Unis, n’était pas habilité pour les vols commerciaux. Le monomoteur n’était en effet pas homologué pour, et son pilote, David Ibbotson, n’était pas autorisé à transporter des passagers payants. Il n’est pas certain non plus qu’il ait eu la permission de voler de nuit.

Le vol était affrété par le pilote britannique David Henderson, à la demande de l’intermédiaire Willie McKay et de son fils Mark, l’agent mandaté par Nantes pour mener à bien le transfert de Sala. Les McKay déclarent avoir payé la totalité du voyage.

Cardiff assure pour sa part avoir proposé un vol commercial au joueur, qui l’a décliné, même s’il s’est inquiété avant le décollage de l’état du petit avion.

Sur le plan pénal, la police britannique a décidé de ne pas poursuivre un suspect brièvement arrêté l’année dernière pour homicide involontaire. Selon le quotidien The Times, il s’agissait de M. Henderson.

Le club de Cardiff a quant à lui déposé à Nantes une plainte contre X qui cible les modalités du transfert et l’organisation du vol fatal.

Depuis l’accident, Nantes réclame au club gallois le paiement du transfert. Fin septembre, la Fifa a donné raison à Nantes et ordonné le paiement d’une première tranche de 6 millions d’euros, mais Cardiff a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), dont la décision n’est pas attendue avant juin.

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