En Égypte, Abdel Fattah al-Sissi fait avancer son projet de réforme constitutionnelle

Une première étape parlementaire a été franchie, mardi, en vue de modifier la Constitution égyptienne et notamment de permettre à Abdel Fattah al-Sissi de se représenter encore deux fois après 2022 à l’élection présidentielle.

Une commission parlementaire a donné son aval, mardi 5 février, à une série d’amendements à la Constitution égyptienne qui permettraient au président Abdel Fattah al-Sissi de rester au pouvoir jusqu’en 2034 et de contrôler plus étroitement l’appareil judiciaire.

Il s’agit de la première étape du processus d’adoption. La réforme devra être approuvée en séance plénière à la majoritédes deux tiers, puis par référendum, ce qui demandera plusieursmois.

Le projet proposede faire passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans et de ne pas tenir compte de ceux que le chef de l’État a déjà accomplis, ce qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’en 2034.

« Une constitution taillée pour un pharaon »

Ce projet lui confère par ailleurs de nouveaux pouvoirs en matière de nomination des juges et des procureurs. »C’est une constitution taillée pour un pharaon. Elledonnera beaucoup de pouvoirs à Sissi, mais il aura peu decomptes à rendre », a souligné Mohamed Zari, membre de l’Institutdu Caire pour l’étude des droits de l’Homme.

Un amendement stipule en outre que l’armée a le devoir de protéger « la Constitution, la démocratie, la cohésion fondamentale du pays et sa nature civile ». « C’est un grand danger », a estimé Talaat Khalil, l’un des 16 députés de gauche qui ont organisé lundi une conférence de presse pour dénoncer le projet de réforme.

L’un des amendements présentés prévoit également le rétablissement d’un ministère de l’Information, un portefeuille supprimé par la Constitution de 2014.

Abdel Fattah al-Sissi, 64 ans, ancien chef de l’armée, a été élu une première fois en 2014, après la destitution de son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en mars 2018 avec plus de 97 % des voix. La très grande majorité du Parlement actuel soutient le gouvernement d’Abdel Fattah al-Sissi.

Avec Reuters et AFP

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