Gestion ressources pétrolières : Les solutions du banquier Seydina Ndiaye

Les concertations nationales sur la gestion des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz vont s’ouvrir demain, mardi. La rencontre sera présidée par le chef de l’État. Le banquier de formation, Seydina Ndiaye, a tenu à se joindre à la réflexion.

Dans son analyse, il présente, en exemple, deux modèles antagonistes : le Nigeria et la Norvège. « Depuis 50 ans, date de la découverte du premier gisement pétrolier, la malédiction est tombée sur la région sud du pays. En s’implantant dans cette zone, les compagnies ont déplacé des villages entiers. Puis, elles ont ravagé les cultures agricoles pour le tracé des pipelines », explique le banquier dans un document parvenu à Seneweb.

Éviter le cas nigérian
À cela, s’ajoute la corruption et l’insécurité due aux bandes armées et terroristes du mouvement Boko Haram qui écument le pays. « Niveau corruption des élites politiques justement, rien que concernant les avoirs restitués par Berne à Lagos et qui ont été détournés par le dictateur Abacha, le montant s’élève à 321 millions de Francs Suisse, environ 177 milliards de FCFA. Cela donne une idée de l’ampleur du phénomène », souligne M Ndiaye. Pour le banquier, le Sénégal doit bien éviter de commettre les erreurs commises par ce pays.

Contrairement au Nigéria, la Norvège fait figure d’exemple dans la gestion des recettes issues des ressources pétrolières et gazières. En effet, ce pays « a fait éclore un fonds souverain, la Norges Bank Investment Management (Nbim), où le gouvernement peut stocker les recettes issues du pétrole et du gaz », explique le banquier. Et la spécificité du fonds « réside dans le fait que le gouvernement ne peut qu’utiliser le rendement réel du fonds pour accroître sa marge de manœuvre dans les politiques de l’État-Providence. »

De plus, explique M. Ndiaye, « une rigueur salutaire impose que l’État ne peut ponctionner au maximum que 4% des bénéfices réels dégagés par le fonds », explique-t-il. Et pour le banquier, il est clair que c’est cet exemple que l’État du Sénégal doit suivre.

S’inspirer de la Norvège et l’adapter
« Il est évident qu’il faut s’inspirer dans notre cas plus du modèle norvégien que de nos amis nigérians en mettant en place un fonds spécial adapté à nos contraintes locales. Ainsi, outre la fin budgétaire de l’utilisation des ressources d’un tel fonds, le financement des besoins de l’État-Providence au Sénégal est crucial et pourrait se faire selon la clé de répartition intelligente avec des objectifs clairs et précis. Par exemple, il semble utile d’avoir un programme de 15 ans pour construire dans chacune des régions administratives un grand hôpital pour lifter la santé de nos concitoyens « , indique-t-il.

Aussi, l’État devra prioriser, dans ses investissements, les infrastructures structurantes nationales. « L’idée de construire un barrage qui traverse tout le pays du Nord au Sud pourrait permettre de doper considérablement les rendements agricoles et de catalyser un réel développement de nos terroirs, sans compter la dimension de l’élevage et de la lutte contre l’avancée du désert et des aléas climatiques. Le cercle vertueux que ce type de projet créera est d’un diamètre insoupçonné, tellement de paramètres entrent en jeu pour modifier dans le bon sens des pans entiers de notre économie », explique le banquier. Pour lui, ces petites idées peuvent améliorer le vécu des populations et signer la fin du sous-développement.

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