«Midterms» américaines: Deux ans après l’assaut russe, des élections sous haute surveillance

DEMOCRATIE – Les mesures prises pour lutter contre les cyberattaques et la désinformation vont subir leur premier véritable test, ce mardi…

De notre correspondant aux Etats-Unis

Les leçons de 2016 ont-elles été tirées ? C’est la grande question avant les midterms de ce mardi aux Etats-Unis.

Après la campagne d’ingérence massive menée par la Russie lors de l’élection de Donald Trump, les autorités sont en alerte, et les géants du Web ont pris les devants face à la désinformation et à la propagande.

Les listes électorales, le maillon faible

En Géorgie, certaines machines à voter tournent encore sous Windows 2000. Mais un piratage qui fausserait les résultats reste un danger limité, selon Nicholas Weaver, chercheur en sécurité à l’université de Berkeley. Ces systèmes doivent en effet être coupés d’Internet. Des hackers ont réussi à en prendre le contrôle à la conférence Defcon mais il faut brancher un ordinateur sur leur port USB sans se faire repérer. Compliqué à grande échelle. Après 2016, certains Etats visés par des cyberattaques venues de Russie, comme la Virginie, ont choisi de revenir à un système électronique laissant une trace papier, ce qui facilite les vérifications.

Le vrai risque se situe au niveau des listes électorales, qui sont, elles, souvent connectées à Internet pour permettre aux électeurs de mettre à jour leurs informations. En Géorgie, une erreur humaine a exposé les données de six millions de personnes cette année, et il suffit de réussir à changer le bureau de vote assigné à l’électeur pour l’empêcher de voter. Ce week-end, le gouverneur Brian Kemp a affirmé, sans fournir de preuve, que les serveurs de son Etat avaient été visés par des cyberattaques. Face à ces incertitudes, 40 % des Américains n’ont pas confiance dans le système électoral, ce qui pourrait remettre en cause la légitimité d’un scrutin serré.

Facebook et Twitter proactifs

Mark Zuckerberg a changé de refrain. Après avoir qualifié « d’assez folle » l’idée que les réseaux sociaux avaient pu jouer un rôle dans l’élection de Donald Trump, le patron de Facebook a fait son mea culpa. L’entreprise a constitué une cellule de crise pour combattre la désinformation et recruté Nathaniel Gleicher, ex-monsieur cybersécurité de Barack Obama.

Afin de lutter contre les fake news, Facebook et Twitter ont supprimé des milliers de pages gérées par des trolls basés en Russie et en Iran, et ils auront des équipes mobilisées toute la journée ce mardi. Twitter combat particulièrement la désinformation qui tente de décourager les électeurs d’aller voter, par exemple en affirmant que la police de l’immigration sera sur place. Facebook, de son côté, a lancé un partenariat international de fact checking avec l’institut Poynter et des dizaines des journaux dans le monde entier, dont 20 Minutes fait partie avec sa rubrique « Fake Off ». Le réseau utilise ces signalements pour limiter la propagation de certaines fausses informations virales.

Est-ce que cela marche ? « C’est très difficile à dire », répond Alexios Mantzarlis, qui supervise l’initiative à l’institut Poynter. Selon une étude de Stanford, l’engagement des fake news a diminué sur Facebook mais « il faudra analyser davantage de données », estime le fact-checker. Selon lui, « c’est une course sans fin, qui passe par l’éducation des internautes dès le plus jeune âge. Cela prendra plus que deux ans ».

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