SELON RABAH AREZKI, EXPERT AUPRÈS DE LA BANQUE MONDIALE L’économie numérique est génératrice d’emplois

Elle pourrait faciliter l’émergence d’un secteur privé créatif et innovant, à condition que les jeunes soient en contact avec cette technologie.

«Si pendant très longtemps les moteurs de croissance de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) ont reposé sur le secteur public, le moment est venu de faire du secteur privé le moteur principal de cette croissance.» C’est ce qu’a révélé Rabah Arezki, économiste en chef auprès de la Banque mondiale (BM) lors de son passage hier à l’émission «L’invité de la rédaction» de la Chaîne 3 de la radio algérienne. Ce dernier, qui prendra part à la conférence régionale qui débute aujourd’hui au Centre international des conférences à Alger avec pour thème: «Les jeunes, la technologie et la finance» sous l’égide de la BM, a par ailleurs souligné, à propos de cette transition «pour y parvenir, l’économie numérique est appelée à jouer un grand rôle, pour autant que soient libérés les freins de mise en connexion entre la technologie et les jeunes qui sont en contact avec cette dernière». Il considère cependant que pour réussir cette transition, il reste un certain nombre d’obstacles à lever, notamment en ce qui concerne l’éducation, la finance ou la régulation, afin que cette technologie soit plus productive «qu’elle ne l’est aujourd’hui» a-t-il rappelé. Et de faire savoir également que «l’économie numérique peut être génératrice d’emplois, d’amélioration des services, de plus grande concurrence pour créer des leviers de croissance par un secteur privé plus créatif et plus innovant. Interrogé sur les résultats attendus de cette conférence, Rabah Arezki explique qu’elle devrait notamment permettre au ministère des Finances et au Fonds monétaires arabe, de comprendre tout l’intérêt d’émergence de cette nouvelle économie.
Toujours à propos de cette conférence, il dira qu’elle se propose de donner une «place proéminente» à l’étude de cette nouvelle économie, de la comprendre «et peut-être de l’accélérer avec des politiques publiques». Ce dernier, pressé par l’animatrice de l’émission de donner quelques indicateurs chiffrés, en termes d’emplois particulièrement, des expériences réalisées par l’économie numérique dans les pays où elle a été expérimentée, l’invité a sèchement répondu que ces chiffres ne sont pas disponibles «parce que, selon lui, il y a eu très peu d’analyses concernant cette dernière». A propos des défis auxquels devront faire face les pays de la région Mena, celui de trouver une solution au taux élevé de chômage, l’invité de la radio a estimé que ces pays devront créer des centaines de millions d’emplois au cours des trois prochaines décennies. Toujours dans le même ordre d’idées, il a ajouté: «Ce défi est aussi une opportunité pour les pays de la région: celle de transformer leur économie et de tirer parti, d’une part, de la créativité que recèle leur importante jeune population et, d’autre part, de la force de rupture que constituent les nouvelles technologies pour en faire des moteurs de croissance. «Un potentiel que les pays de la région Mena sont appelés à exploiter s’ils veulent réduire le taux de chômage chez les jeunes», a suggéré Rabah Arezki. Il signalera également que la réforme des systèmes éducatifs est tout à fait nécessaire «si l’on veut doter les jeunes de compétences indispensables au XXIe siècle, comme il s’agira de mettre en oeuvre des réglementations afin de promouvoir l’innovation comme moteur de croissance du développement du secteur privé et de la création d’emplois», a-t-il enfin indiqué. Notons que la conférence régionale réunissant des décideurs publics, des entrepreneurs et des chercheurs de la région et d’ailleurs, qui sera inaugurée par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, selon le programme, sera l’occasion de tirer les leçons de la mise en place des infrastructures techniques nécessaires, telles que l’accès à l’Internet haut débit et les systèmes de paiement numérique.