Tirs Groupés sur le Macky !

Le régime du président Macky Sall ainsi que ses alliés dans Benno Bokk Yakaar (Bby) ont eu droit hier mercredi 28 mars, à une salve de critiques de la part des parlementaires du groupe de l’opposition “Liberté et démocratie“ et des non-inscrits. Tour à tour, Madické Niang, président dudit groupe et ses collègues se sont déchargés sur le régime en place et sur le président de la 13ième législature, Moustapha Niasse.
ISSA SALL NON-INSCRIT DU PUR : «Le processus électoral est escamoté»
«Je voudrais revenir sur le processus électoral. Nous avons actuellement un processus qui a commencé, mais qui est actuellement escamoté, partant des commissions d’inscription, des commissions spéciales, des commissions de retrait des cartes, et de ce fameux parrainage, mais aussi des propositions qui n’ont pas été pris en compte, comme le bulletin unique. Parce que, vous vous êtes rendu compte qu’avec le bulletin multiple, il y a eu beaucoup de problèmes lors des élections législatives. Il semblerait, je ne sais pas si ça va être établi, qu’on devrait avoir une autorité indépendante pour s’occuper des élections. En tout cas, c’est une recommandation très forte de l’opposition et nous y insistons. Nous avons aussi parlé du financement des partis, parce qu’on s’est rendu compte qu’à la place du financement des partis de façon ouverte, il y a eu des dessous de table qui ont été donnés à certains partis de la majorité. Le référendum avait aussi parlé du statut de l’opposition, je pense qu’ils sont passés très rapidement dessus et que ce statut, certainement, ne verra pas le jour de sitôt».

DETHIE FALL DEPUTE NON-INSCRITS DE REWMI : «Nous avons un pays malade»
«Je veux juste confirmer que nous avons un pays malade. Un pays malade de son président, le président de la République Macky Sall. Nous avons une Assemblée nationale malade; malade de sa majorité qui a oublié sa mission, ou en tout cas, qui aujourd’hui traduit sa mission à contraindre l’opposition. C’est ça qui explique cette répartition injuste des temps de parole, pour le passage, avec une fréquence non respectée, du Premier ministre Boun Abdallah Dione, demain (Ndlr : aujourd’hui) à l’Assemblée nationale. Sur 122mn, comment peut-on concevoir que l’opposition parlementaire et les non-inscrits n’aient droit qu’à 12mn de temps de parole ? Ainsi, 110mn pour mettre à Boun Abdallah Dione et à sa majorité de faire leur show politique, pour ne pas revenir sur les questions qui intéressent les Sénégalais, les questions relatives au gaz, au pétrole, mais surtout, relatives à l’insécurité galopante avec aujourd’hui les viols, les vols et malheureusement même les assassinats notés un peu partout sur l’étendue du territoire national, mais également au niveau de la diaspora. L’heure est plutôt grave et elle appelle à une mobilisation de toutes les forces vives de la Nation. Je réitère encore cet appel, il faudrait une présence massive de ces forces là, le jour du vote de ce fameux projet du parrainage qui va bientôt arriver au niveau de l’Assemblée nationale. Ce parrainage, on ne cessera jamais de le dire, est quelque chose de catastrophique contre notre démocratie. Après l’utilisation de l’instrument judiciaire, le président de la République Macky Sall veut se doter d’un instrument politique pour écarter d’autres candidats».

AIDA MBODJ DEPUTE NON-INSCRITS : «Nous vivons une forfaiture permanente à l’ Assemblée nationale …»
«Je pense qu’il était temps de refuser de donner des gages à cette majorité mécanique, à cette présidence de l’Assemblée, si on peut l’appeler ainsi, parce que nous avons cessé d’être Assemblée nationale à partir du moment où nous n’avons aucune possibilité d’exercer notre rôle comme nous l’a autorisé l’un des 15 points du référendum de 2016. Nous n’avons aucun moyen, devant cette majorité, de contrôler son action. Nous ne pouvons pas continuer à cautionner cette forfaiture. (…) Nous disons au peuple sénégalais que nous vivons une forfaiture permanente à l’Assemblée nationale, surtout lors de cette 13ième législature. Lors de la 12ième législature, nous croyions que ce monsieur qui est à la présidence de l’Assemblée n’avait jamais eu à exercer des fonctions parlementaires. Jusqu’à présent, il bénéficie de préjugés favorables. Mais, cette année, c’est trop. Je pense qu’il est en train de créer les conditions de notre réunification. Avec cette réunification, nous avons notre mot à dire, c’est-à-dire qu’on ne se laissera plus faire».