« Tuez-les » : l’ordre du président philippin Duterte face aux contrevenants du confinement

Fidèle à sa réputation sulfureuse, le président des Philippines Rodrigo Duterte s’est montré intransigeant, mercredi, en prévenant les contrevenants aux règles de confinement qu’ils risquaient d’être abattus par l’armée ou la police.

“Tuez-les par balle !” Coutumier des phrases chocs, le président philippin Rodrigo Duterte a mis en garde, mercredi 1er avril, les contrevenants aux mesures de confinement mises en place pour lutter contre la pandémie de coronavirus qu’ils risquaient de se faire abattre.

Lors d’une allocution télévisée, le chef de l’État, élu en 2016 après avoir promis d’éradiquer le trafic de drogue en faisant « tuer » les trafiquants et toxicomanes présumés, a expliqué qu’il était vital que tout le monde respecte les mesures de confinement, alors que les autorités craignent une surcharge du fragile système de santé national.

« Cela empire. Alors une nouvelle fois, je vous fais part de la gravité du problème et vous devez écouter », a déclaré Rodrigo Duterte mercredi soir. « Mes ordres à la police et à l’armée (…) : s’il y a des troubles et qu’il y a une possibilité qu’ils ripostent, avec un risque pour vos vies, tuez-les par balle », a-t-il ajouté.

Des centaines de nouveaux cas chaque jour

« Est-ce bien compris ? Morts. Au lieu de causer des troubles, je vous enterrerai », a poursuivi Rodrigo Duterte.

Le pays a recensé 96 décès et 2 311 cas confirmés de contamination, tous au cours des trois dernières semaines, et les nouveaux cas d’infection sont désormais signalés par centaines quotidiennement.

Des activistes ont reproché au président sa rhétorique et l’accusent d’inciter à la violence et à la formation de groupes d’autodéfense, comme c’est le cas selon eux dans la guerre que mène le président philippin contre le narcotrafic. Des milliers de personnes accusées d’avoir pris ou vendu de la drogue ont été tuées par la police ou des hommes armés.

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