Vote de la loi sur le parrainage : Le Sénégal retient son souffle

Tous prédisent un jeudi de feu. D’autres parlent de jeudi de tous les dangers. Les opposants sont surveillés comme du lait sur le feu. Et pour cause leur opposition farouche au vote du projet de loi sur le parrainage défendu bec et ongle par le pouvoir. L’Assemblée nationale et les décisions qui émaneront de cette session de ce jeudi retiennent l’attention des sénégalais. Il ne faut pas, cependant, s’attendre à une grande surprise. La loi sera votée par la majorité parlementaire. Aymérou Ngningue, le président du groupe parlementaire Bby  l’a confirmé face à la presse. Et si tel est le cas, l’opposition qui reste déterminée à barrer la route au parrainage mettra en œuvre son plan d’action. Elle lance déjà un appel aux citoyens sénégalais pour « défendre la Constitution ». Des bonnes volontés, soucieuses de la stabilité du pays, tentent leur médiation qui, au rythme où vont les choses, risque d’être stérile.

Le ton est donné par les parutions de ce mercredi qui, à l’unanimité, prédisent un jeudi de feu. Compte tenu des déclarations des partisans et responsables des pro et anti parrainage. Dans les colonnes de L’Observateur, le président du groupe parlementaire Aymérou Ngningue reste formel , toutes les conditions sont réunies pour voter la loi sur le parrainage.  Non sans indiquer que le parrainage électoral est un filtre qui devrait contribuer à faire en sorte que le Sénégal demeure une démocratie majeure. Il signale que le parrainage n’est pas nouveau dans la Constitution. «Le système du parrainage, jusque-là, ne s’adressait qu’aux candidats indépendants. On pensait qu’en augmentant la caution qui est passée de 6 millions FCfa, en 2000 à 65 millions FCfa, en 2012, on arriverait à limiter le nombre de candidats, mais cela n’a pas été le cas. Aujourd’hui, nous disons que ce parrainage est indispensable pour notre démocratie», a expliqué M. Gningue.

Pendant ce temps, l’opposition se radicalise et promet une forte mobilisation pour barrer la route à cette modification  constitutionnelle induisant une retouche du code électoral. «Le jeudi, nous nous battrons sur le terrain du droit», confie Me Madické Niang, président du groupe parlementaire «Liberté et Démocratie». L’avocat libéral appelle à une forte mobilisation de tout le Peuple. Car dit-il, la loi sur le parrainage telle qu’elle est faite, n’est pas dans l’intérêt des populations. Il soutient que la démocratie sénégalaise en pâtirait si on laisse cette loi passer. «Le peuple a le droit de dire qu’il n’est pas pour cette loi. Donc, nous lui demandons de manifester son désaccord pour pousser Macky Sall à revenir sur sa décision, parce qu’il ne peut pas modifier les règles du jeu à dix mois des élections», a t-il déclaré dans les colonnes de L’Observateur. Son collègue El Hadji Issa Sall, leader du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur), appuie : «Cette loi n’est pas négociable».

Que peut-on attendre donc de la médiation entreprise par les bonnes volontés. Toujours dans les colonnes du journal du groupe futurs médias, Serigne Mbaye Sy Mansour, le Khalif général des tidianes a rassuré Alioune Tine et une délégation de la société civile qu’il va s’impliquer pour l’apaisement du paysage politique miné par la querelle du projet de loi sur le parrainage. Ces acteurs qui ont joué les rôles de premier plan dans les événements du 23 juin 2011 veulent éteindre le feu qui risque d’embraser le Sénégal, avec le projet de loi sur le parrainage. Ils espèrent cependant que le miracle arrive ce 19 avril.

Quant à l’Eglise cathholique, par la voix de Mgr Benjamin Ndiaye a demandé au Président Macky Sall de surseoir à l’examen du projet de loi portant sur le parrainage. Le chef de l’Église, qui reçoit  à l’instant la société civile,  invite également l’opposition  à  suspendre toute manifestation afin de créer les conditions d’un dialogue sincère et constructif, rapporte la RFm dans son édition de 12h.

Le leader du mouvement citoyen «Sénégal bou bess» qui s’est exprimé sur la question du parrainage des candidats à la Présidentielle a proposé des solutions de sortie de crise. «Nous avons une loi sur les partis politiques qui pourrait permettre d’appliquer une voie de rationalisation, indique Mame Adama Guèye. La simple application de l’impératif fait aux partis de déposer leurs comptes, à la fin de chaque année, ferait disparaitre 98% des partis politiques au Sénégal. Pourquoi il n’en a jamais été question ? C’est pourtant une voie légale qui ne pourrait être contestée par personne.» Outre l’application de ladite loi, ‘’Sénégal bou bess’’ propose l’instauration du bulletin unique et le financement des affiches des candidats par les candidats eux-mêmes. «Cela permettrait, avec le bulletin unique, de faire déjà une économie d’échelle », a t-il soutenu dans les colonnes du journal L’Observateur.

igfm

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